Halte incontournable d’un circuit au Laos, la charmante et paisible bourgade de Champassak, dans le Sud du Pays au Million d’Eléphants, est réputée pour son temple Wat Phou. Mais la ville autant que ses alentours promettent bien des découvertes enchantées.

Située sur les berges du Mékong entre les montagnes Phou Koa et Phou Kiou, Champassak est à environ 40 km au sud de Paksé – la capitale provinciale et 4ème plus grande ville du pays - dans la Province de même nom. Figurant parmi les régions les plus visitées du pays, la province est limitrophe de la Thaïlande et du Cambodge. Avec ses 15 415 km² de superficie, Champassak est aussi la plus grande province du Laos. Loin de l’agitation des villes du Nord, Champassak fait figure de lieu relativement préservé et paisible, souvent comparée à un joyau caché du Laos avec ses temples anciens, ses beaux paysages aux cascades majestueuses et ses plateaux verdoyants.
S’il est tout à fait possible de se rendre à Champassak par la route, il est à la fois plus rapide et plus confortable de prendre l’avion et d’atterrir à l’aéroport de Paksé. Un trajet Vientiane/Paksé demande un peu moins de 3 heures de vol, à comparer aux 12 heures de bus (10 heures en roulant de nuit). Des questions ou des besoins particuliers ? Renseignez-vous auprès d’une agence de voyage spécialiste du Laos.
Une fois dans la capitale provinciale, plusieurs options sont possibles pour rejoindre Champassak ;
Le Laos bénéficie d'un climat tropical, caractérisé par les moussons, avec deux saisons distinctes : la saison sèche (octobre à mars) et la saison des pluies (avril à septembre). Mais le pays est vaste ! Ainsi la météo du Nord est bien différente de celle du Centre et, a fortiori, de celle du Sud. La région de Champassak particulièrement agréable à parcourir entre octobre et février (voire entre novembre et mars), une période bien ensoleillée sans être caniculaire, avec peu de pluie. C’est également le moment idéal pour s’aventurer sur les eaux du Mékong et partir découvrir les 4 000 iles, non loin de Champassak. Les bikers apprécieront aussi cette période pour sillonner le plateau des Boloven (attention, les nuits y sont encore fraiches !).
En mars et avril, les températures commencent à grimper, puis c’est la saison humide – qui a aussi son charme en rendant les paysages rutilants.
Si l’on veut comprendre cette région, il faut connaitre quelques bribes de son histoire. L’histoire de la ville de Champassak est indissociable de celle de la Province dont elle porte le nom. Sa fondation date du 1er siècle et elle a prospéré jusqu’au 9ème, sous les royaumes de Funan et de Chenla. La Province sera ensuite sous l’autorité de l’Empire Khmer entre le 10ème siècle et le 13ème siècle. Ce n’est qu’au 18ème qu’elle gagnera son autonomie. Durant l’occupation française, elle a porté le nom de Bassak. A l’époque, elle avait pour capitale la ville de Champassak. De nos jours, la capitale provinciale est Paksé.
A travers ce (très) court survol historique, on comprend mieux la présence de temples vieux de plus de 1 000 ans voisinant avec les maisons traditionnelles en bois sur pilotis et se mêlant aux éléments d’architecture coloniale datant du 20ème. Avec son unique route s’étirant sur 7 km le long de la rive droite du Mékong, Champassak est en fait un ensemble de villages où résident les ethnies Lao Loum et Lao Thin et où il fait bon se balader et profiter du temps qui passe, nonchalant et un peu désœuvré.

L’ancienne cité royale offre un étonnant mélange de styles architecturaux, entre anciennes demeures coloniales et maisons traditionnelles en bois. Il est d’ailleurs très agréable de flâner le long du Mékong et profiter de cette ambiance unique. A la tombée du jour, vous pouvez assister au spectacle de marionnettes traditionnels, au Théâtre d’Ombre de Champassak. Vous ne pouvez le manquer : il est annoncé à grand renfort de musique traditionnelle. Il s’agit d’une troupe de 14 artistes (musiciens, chanteurs, comédiens et marionnettistes) qui mettent en scène avec bonne humeur et suspense les aventures du Ramanaya et autres récits du pays.
La province compte une vingtaine de temples, grands et petits, dont le plus célèbre est le Wat Phou (reconnu patrimoine culturel mondial par l’UNESCO). Il s’agit d’un complexe de temples datant de l'empire Khmer. Il est situé au pied du Mont Phou Kao (montagne des éléphants) au centre du district de Champassak (à environ 45 kilomètres au sud de Paksé), le long du Mékong. De tous les temples khmers, le Wat Phou est considéré comme l'un des plus beaux en raison de son cadre.
Avant même la construction du temple, le site était considéré comme sacré par la population, qui y rendait un culte aux esprits des montagnes. Les ruines les plus anciennes de ce sanctuaire khmer, dont le nom signifie « temple de la montagne », remontent au 7ème siècle tandis que les deux bâtiments principaux sont contemporains d'Angkor – 11ème et 12ème siècle. La plupart des restes de Wat Phou datent du 11ème, mais on sait que les Khmers ont continué à s’occuper du temple jusqu’au 14ème siècle, y compris après avoir déplacé la capitale de la région de Champasak à Angkor. Le complexe regroupe des petits pavillons, des tours de brique, les temples de Nang Sida et Tao Tao, le monastère Tomo et bien entendu le sanctuaire principal, dédié à Shiva, dont le linga trônait à la place de la représentation de Bouddha. Converti de l'hindouisme au bouddhisme courant du 13ème siècle, le Wat Phou joue encore aujourd’hui un rôle important dans la vie religieuse locale.
La fête du Wat Phou se déroule pendant 3 jours consécutifs, durant la pleine lune du troisième mois lunaire – soit fin janvier ou début février. On vient des 4 coins du pays pour commémorer et célébrer au rythme du khene et dans le fracas des gongs et des tams-tams, un discours donné par Bouddha. Procession impressionnante, surtout le soir de pleine lune, avec tous les temples éclairés à la bougie.
En face de Champassak se situe la charmante petite ile Don Daeng et ses plages fluviales (elles se découvrent en saison sèche). Accessibles en une quinzaine de minutes en bateau, le temps semble s’être arrêté dans les petits villages vivant de l’agriculture et de la pêche. Sur l’île, pas de routes ni de véhicules, on s’y déplace à pied ou en vélo, à la rencontre des habitants à l’hospitalité légendaire. On parcourra avec un immense plaisir des rizières a perte de vue émaillées de hameaux minuscules aux maisons sur pilotis et de temples vivement colorés.

A l’extrême sud du Laos, près de la frontière avec le Cambodge, il existe une région qui a quelque chose de magique : les 4 000 îles. Lors de la saison sèche, les eaux du Mékong baissent et dévoilent ainsi des îlots et des bancs de sables que les habitants de la région utilisent pour y cultiver des champs ou s’en servir de pâturage pour les buffles d’eau. C’est une région hors du temps, qui se parcoure en pirogue, allant de Don Khong à Don Det et de Don Det à Don Khone, les trois îles principales de ce royaume du farniente laotien. Ici, tout invite à ne rien faire – mais à le faire bien. Ou alors, on se laisse porter par l’ambiance et on flânera nonchalamment, laissant notre vélo aller où bon lui semblera, tout en se délectant de la magnificence du paysage autour du fleuve. En secouant un peu la torpeur ambiante, on peut visiter Don Det et Don Khone, les deux iles les plus au Sud. Restées à l’état sauvage et inhabitées, elles sont toute proche de la frontière cambodgienne et rappellent combien elles étaient importantes à l'époque coloniale française, quand un chemin de fer a été construit pour relier le Vietnam et le Laos. Don Khone est la plus grande des deux et ses eaux sont réputées pour abriter les derniers dauphins d’Irrawaddy, ultimes repentants d’une espèce en voie de disparition.
Réputé pour ses plantations de thé et de café, ainsi que ses superbes cascades dont Tad Lo, Tad Fan et Tad Gneuang, le plateau des Boloven se situe à quelques heures de Champassak (environ 50 km à l’est de Paksé). Il se déploie sur 3 régions - Salavan, Sékong et Champassak – et est bordé par une chaîne de montagnes à l’est, près de la frontière Vietnamienne et le Mékong, sur sa façade Ouest. Figurant parmi les destinations les plus belles à découvrir lors d’un séjour au Laos, le plateau des Bolovens est l’endroit idéal pour découvrir la beauté des paysages du Sud Laos, se baigner dans les eaux cristallines des cascades et déguster l’un des meilleurs cafés au monde. Plusieurs ethnies résident ici : les katu, les alak, les tahoy, les ngaï, mais la majorité de la population de la région appartient à la famille des Laven, Boloven signifiant « patrie des Laven ». Avec sa diversité de paysages et de communautés locales, le plateau est une destination attachante et spectaculaire, intime et authentique, qui se découvre idéalement en randonnée ou en scooter (le fameux loop des Boloven).
Pour compléter vos connaissances sur le Laos : consultez notre dossier spécial Laos.
Envoyez vos commentaires sur : Champassak, la beauté paisible du Sud Laos
Champs obligatoires *
Donnez- nous votre avis !
Envoyez- vos commentaires sur le propramme : Champassak, la beauté paisible du Sud Laos
Champs obligatoires *